03 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

récit A

La montre du destin

Un dimanche de Pâques, Philippe décide de faire une chasse aux œufs. Ils  sont si bien cachés qu’il ne voit pas le temps passer. Après en  avoir trouvé une dizaine et  les avoir dévorés, il décide  de rentrer chez lui plus tard que prévu. Il a soif, très soif ! Il va vers la cuisine, prend un verre de boisson rafraîchissante puis se dirige vers le salon. Il aperçoit trois hommes, vraisemblablement des voleurs. Apeuré, il lâche son verre. Ce qui les alerte. L’un des trois se précipite sur lui avec une arme blanche et  le blesse au bras. Il s’évanouit. Les cambrioleurs s’enfuient avec  des bijoux dont une montre à laquelle Philippe tenait énormément. A son réveil, il voit la maison sens dessus dessous. Immédiatement, il pense à la boîte à bijoux et s’aperçoit que la montre a disparu. Avant même de soigner sa blessure, il décide d’alerter la police. Il sait à ce moment  que l’enquête sera longue.

Philippe réfléchit … Il revoit la scène … Il se sent mal … Il a la tête qui tourne. Il boit un verre d’eau ; puis, il s’assoit quelques secondes et reprend ses esprits. Il prend son téléphone à côté de lui et appelle la police, qui décroche aussitôt. Choqué et fébrile, il commence à décrire son agresseur : 1,80m … une vingtaine d’années … la peau mate […]

Le policier l’interrompt pour lui poser différentes questions importantes.

–        Qui êtes-vous ?

–        Je m’appelle Philippe Dubois.

–        Où habitez-vous ?

–        3, rue des Malheurs.

–        Que s’est-il passé ?

–        Trois hommes étaient chez moi, ils ont volé ma montre et l’un d’entre eux m’a blessé au bras avec une arme blanche, ça ressemblait à un couteau.

–        Attendez une seconde … Êtes-vous vraiment sûr de vous ?

–        Oui, ma maison est sens dessus-dessous et ma montre a disparu…

–        Je vais avertir mes collègues, ils vont arriver d’une minute  à l’autre et je préviens les secours pour vous soigner.

–        D’accord, je vous attends …

Philippe se rendit compte qu’il avait perdu beaucoup de sang et à peine avait-il raccroché qu’il perdit connaissance à nouveau…

Lorsqu’il ouvrit les yeux, un médecin du SAMU lui prodiguait les soins d’urgence, la police s’affairait dans la maison. Un des policiers essayait de lui poser quelques questions mais il voyait tout trouble et la voix qui lui parlait lui était inaudible…

Il ouvrit les yeux et ne vit que du blanc. Philippe se dit qu’il était mort, que ça devait être une sorte de paradis…Mais la douleur et l’entrée d’une infirmière lui fit prendre conscience qu’il était à l’hôpital.

-         Ne vous agitez pas Monsieur, il faut vous reposer. Vous avez été blessé. Vous vous en souvenez ?

-         J’ai oublié de fermer la porte de ma maison, lui répondis-je.

-         Ne vous inquiétez pas, on s’en est occupé. Vous avez été blessé. Vous vous en souvenez ?

Tout me revenait tout à coup. Je voulus sortir du lit mais l’infirmière m’en empêcha d’un ton autoritaire.

-         Restez calme monsieur, vous avez besoin de repos…Vous avez perdu beaucoup de sang. Vous vous en souvenez ?

Vous vous en souvenez… Vous vous en souvenez…Elle commençait à m’énerver cette infirmière. Me prenait-elle pour un débile ou atteint d’un Alzheimer précoce ?

-         Vous avez été cambriolé. Vous vous en souvenez ?

-         Bien sûr que je m’en souviens, lui répondis-je avec le peu de force qu’il me restait dans la voix.

-         La police veut vous interroger et je dois les informer de votre réveil. Vous avez dormi un bon bout de temps, Monsieur.

La police veut m’interroger mais que puis-je leur dire ? Je ne dispose pas de beaucoup d’éléments pour faire avancer l’enquête…

Quelques minutes s’écoulèrent puis on frappa à la porte…

-         Oui

-         Inspecteur Épingleur, j’enquête sur votre affaire. Pouvez-vous me raconter le plus précisément possible ce qui vous est arrivé ???

-         Dimanche, j’ai voulu participer à une chasse aux œufs…

-         Vous n’êtes pas un peu…un peu…N’avez-vous pas dépassé l’âge pour ce genre d’activité ?

-          Oui, peut-être…Bon, je continue. Lorsque je suis rentré chez moi, j’ai voulu me désaltérer et là, stupeur, j’aperçois des hommes dans mon salon…

Pourquoi l’alarme n’avait-elle pas fonctionné ???

-         Combien étaient-ils ?

-         Trois, je crois.

-         Vous croyez ou vous en êtes sûr ?

-         Oui, trois

-         Pourriez- vous les reconnaître ?

-         Non, ils étaient masqués.

-         Masqués ou cagoulés car ce n’est pas la même chose !

-         Masqués.

-         Pourriez-vous me donner un autre indice qui pourrait aider à faire avancer l’enquête ?

-         L’homme qui m’a donné un coup de couteau avait une cicatrice à la joue droite, je crois.

-         Vous croyez ou vous en êtes sûr ?

-         Je ne me souviens plus si c’était la joue droite ou la joue gauche.

-         Ah mon cher monsieur, c’est important d’être précis. La droite n’est pas la gauche !

-         Je ne sais plus.

-         Tenait-il le couteau dans la main gauche ou dans la main droite ?

-         Je ne m’en souviens plus.

-         C’est important d’être précis… Tout ça est une notion de trajectoire…

-         Que venaient faire ces hommes chez vous ?

Il en a de bonnes lui, c’est à lui à me le dire…

-         Je ne sais pas, me voler sans doute ! Je me suis rendu compte qu’ils avaient fouillé dans la boîte à bijoux de ma mère et que la montre à laquelle je tenais avait disparu…pour le reste je ne sais pas, j’ai perdu connaissance…et je me suis retrouvé ici.

-         Pourquoi teniez-vous tant à cette montre ?

-         C’était la montre de mon père.

-         Vos parents n’étaient pas dans la maison ?

-         Ils sont morts…

A ce moment entre l’infirmière…

-         Excusez-moi, Inspecteur Épingleur, mais Monsieur Dubois a grand besoin de calme et de repos. Vous avez largement dépassé le temps de votre interrogatoire…et les visites sont terminées depuis un certain temps.

-         Bien, je vous laisse Monsieur Dubois, on se reverra au commissariat lors de votre déposition de plainte. En attendant, notez sur une feuille de papier tout ce qui pourrait faire avancer notre enquête.

Je remerciai l’infirmière d’un hochement de la tête en esquissant un léger sourire. Je m’endormis jusqu’au lendemain matin.

Philippe fut réveillé par un bruit de roulement de chariots et de tintement de vaisselle dans le couloir. Sept heures et déjà le petit déjeuner. La porte s’ouvrit sur une aide-soignante qui posa un plateau sur la tablette et tourna celle-ci devant lui.

-         Bon appétit, Monsieur !

-         Quel jour sommes nous ?

-         Mardi, Monsieur !

Je sirotai mon café dont la température encore brûlante me prit par surprise et  engloutis mes tartines beurrées, j’étais affamé…

Mais je me sentais en pleine forme… J’avais envie de prendre une douche mais je n’avais pas de rechange. En pensant remettre ma tenue dans laquelle j’étais entré, je vis dans l’armoire un sac avec des vêtements propres. Je sus par la suite qu’une personne était venue les apporter pendant que j’étais dans les vapes…Qui était cette personne ???

De retour à la maison, je vis que les scellés étaient posés sur les portes et les fenêtres. Je filai directement au commissariat de police afin d’en comprendre les raisons. Je demandai pour parler à l’inspecteur Épingleur mais on me répondit qu’il était en service. J’eus affaire à un autre inspecteur dont je ne retins pas le nom. Je lui expliquai rapidement la raison qui m’amenait. Il était au courant de mon affaire. Il se rendit disponible et m’informa sur l’avancée de l’enquête.

-         Si cela peut vous rassurer, l’enquête avance.

Le jour de votre agression, les policiers ont pu recueillir des empreintes de doigts, des traces de pas, des cheveux… dans votre salon.

Hier matin, votre voisine Mme Pipelette…je crois…, qui vous décrit comme charmant et attachant, alertée par l’apparence surprenante de votre maison et s’inquiétant de ne pas avoir de vos nouvelles nous a appelé. Elle nous a précisé qu’elle revenait de vacances et bla bla bla… Nous l’avons de suite informée de votre hospitalisation suite à votre agression.

-         D’accord, je comprends pour le linge maintenant…

-         Vous comprenez quoi ?

-         On m’avait apporté des vêtements de rechange à l’hôpital et je ne savais pas de qui cela pouvait provenir…Comme je croyais ma voisine encore en vacances, je n’ai pas du tout pensé à elle…

-         Bien,  continuons…

Hier vers midi, les gendarmes ont été alertés : l’alarme de votre maison venait d’être activée, alors que personne n’était censé y avoir accès. Nous avions déjà posé les scellés. Les gendarmes se sont alors rendus rapidement sur place et ont découvert une voiture stationnée devant votre maison. Ils ont interpellé son conducteur, qui avait en sa possession les clefs de votre maison.

-         Les clefs de ma maison ???

-         Oui, les clefs de votre maison…

Le suspect a livré aux gendarmes des explications fantaisistes pour tenter de justifier sa présence sur les lieux. Il est en garde à vue.

A ce moment là, arrive l’inspecteur Épingleur accompagné d’un autre policier ainsi que deux hommes menottés.

L’inspecteur reconnaît « sa » victime…

-         Ah Monsieur Dubois !!! Vous êtes sorti de l’hôpital…

Vous savez, l’enquête avance…Nous avons en garde à vue un suspect qui  pourrait correspondre à la description que vous nous en aviez donnée : grand, jeune, coloré, cicatrice…Nous allons vous placer derrière un miroir sans tain afin d’essayer de reconnaître votre agresseur.

-         Il ne va pas me voir…

-         Non non, garantie assurée !!!

On me présenta plusieurs personnes de taille et de morphologie semblables…Il me sembla reconnaître l’un d’entre eux mais je n’en n’étais pas tout à fait sûr…

L’inspecteur me questionna et se mit en colère devant mes doutes mais je ne pouvais accuser quelqu’un sur des suspicions…Il me fit prendre conscience de l’importance d’une rapide identification en m’informant sur la durée légale de la garde à vue…

Je ne pouvais rentrer chez moi et fus accueilli par ma charmante voisine à qui je racontais tout ce que je venais d’apprendre…Elle m’avoua alors qu’elle avait perdu les clefs de ma maison et qu’elle avait refait un double…

Tout devenait clair…Les clefs avaient étaient récupérées par des malfaiteurs…

Ma voisine me proposa de dormir chez elle, j’acceptai…c’était toujours mieux que l’hôtel !!!

Le lendemain matin, à la première heure, un appel sur mon portable me réveilla : c’était l’inspecteur Épingleur… Il m’assurait que les scellés de ma maison allaient être retirés et que j’allais pouvoir regagner mes pénates. Je soupirai de plaisir…

Il m’apprit également que l’homme en garde à vue était sur le point d’avouer et qu’il semblait être de mèche avec les menottés de la veille…

Je raccrochai, j’étais content de pouvoir enfin retourner chez moi. Je décidai alors d’aller prendre une douche avant de rejoindre mon hôte dans la cuisine pour le petit déjeuner.  En empruntant le long couloir au premier étage, une photo m’interpela.  Cela semblait être une photo de famille. Mme Pipelette était entourée d’une quinzaine de personnes. Tout de suite, je remarquai un détail troublant : un homme, d’une vingtaine d’années, la peau mate, avait une cicatrice sur la joue gauche.  Ce n’était sans doute qu’une coïncidence.  Vingt minutes plus tard, je sortis de la salle de bain, je rassemblai mes affaires et descendis rejoindre ma voisine dans la cuisine. Tout à coup, je surpris une conversation téléphonique.

« Il ne se doute de rien, tout va bien, il va bientôt rentrer chez lui. »

Je ne pouvais pas y croire, j’étais tétanisé. Mes jambes tremblaient.  La photo… Ce coup de téléphone…  Y avait-il un lien entre Mme Pipelette, le vol de la montre et mon agression ?

Je repris mes esprits, et prit le petit déjeuner avec Mme Pipelette. Elle était aux petits soins pour moi. Sa gentillesse cachait-elle quelque chose ?

Avant de rentrer chez moi, je décidai alors de parler de mes doutes à l’inspecteur.  Tout d’abord, il m’informa que les empreintes digitales retrouvées chez moi correspondaient bien à celles d’un suspect.  De mon côté, je lui fis part de mes découvertes. Il prit ces nouvelles informations très au sérieux.  Puis, il décida de me montrer  la photo des suspects. J’étais formel, l’un des suspects était bien l’homme à la cicatrice présent sur la photo de famille de Mme Pipelette…

Avec l’inspecteur Epingleur, nous nous décidâmes à aller rendre visite à Mme Pipelette. Une fois arrivés, nous surprîmes Mme Pipelette sortir par l’arrière de la maison des valises à la main. Un homme l’attendait dans sa voiture. J’empêchai Mme Pipelette de s’enfuir tandis que Mr Epingleur alla chercher l’homme à la cicatrice. Il les interrogea et découvrit que Mme Pipelette et Jean, l’homme à la cicatrice, étaient en fait sa sœur et son frère. J’ai voulu leur poser des questions pour comprendre leur geste.

-          Pourquoi avez-vous fait çà ?

-          Notre père nous a abandonnés mais toi il t’a gardé.

-          Et pourquoi vouliez-vous justement cette montre ?

-          Je savais que cette montre était chère à tes yeux et que cela te ferait de la peine de la perdre. Nous voulions te voir souffrir à ton tour.

L’inspecteur mit fin à notre conversation et les emmena au commissariat. Ils furent jugés quelques semaines plus tard et passèrent plusieurs mois en prison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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